Suite pour transports en commun, 2019

 

Un projet de Caroline Melon
Auteure-metteuse en scène : Caroline Melon
Comédien.ne.s : Christophe Andral, Sébastien Genebès, Cécile Maurice / Mise en condition : Célie Augé / Intervenant vocal : Emmanuel Vrancks / régisseur : Mikaël Plunian, / Professeur d'arabe : Driss Wahbi / distribution en cours

Mouvement 1 : Foule sentimentale 
Mouvement 2 : Les monologues du commun
Mouvement 3 : Comme on nous parle

> 18 juillet 2018 - 10h à 17h - Dans le tram (Bordeaux)
> Du 12 au 16 novembre 2018 - HOT HOUSE organisée par IN SITU, Île de Terschelling
Participation à l'invitation des Tombées de la nuit pour présenter le projet Foule Sentimentale
20, 21, 24 et 25  juin 2019 - Laboratoire de recherche à Bordeaux soutenu par l'Été Métropolitain
> 3-5 juillet 2019 - création Mouvement 1 - Foule sentimentale - Les tombées de la Nuit (Rennes)
> du 11 au 20 octobre 2019 - Bordeaux Métropole dans le cadre du FAB
Mouvement 1 - Foule sentimentale + création des Mouvements 2 & 3

 

­­Suite pour transports en commun
Suite pour transports en commun se décline en une série de mouvements. Chacun d’entre eux prend une forme singulière d’intervention dans l’espace public. À l'heure où nos villes se transforment en lieux de passage plus qu'en lieux de vie, où la mobilité (choisie ou non) peut nous conduire à une sensation de déracinement, de "déshabitation" de notre territoire de vie, la performance Suite pour transports en commun cherche à insuffler de légers décalages au sein de ces espaces collectifs. À tout moment de la journée, des saynètes impromptues surgissent ainsi sans prévenir dans ces lieux codifiés de nos ensembles urbains, sur le quai d’un tram, d’un métro, d’un train, dans un bus, une navette ou sur le parvis d’une gare. Pour gratter la surface des humains pressés que nous sommes, re-créer des situations d'échanges éphémères, de magie du quotidien, d'infra-ordinaire légèrement dérangé : le grain de sable qui fait sourire, qui amène de la connivence, de l'humour, du partage, et la reconnexion avec la Foule sentimentale que chantait Souchon et dont nous faisons tous partie, au bout du compte. 

Foule Sentimentale, le premier mouvement débute sans que l’on s’en aperçoive ou presque. Quelqu’un à l’arrêt de tram, casque sur les oreilles, fredonne. Un peu fort. Ce chant vient heurter l’espace de protection virtuel dans lequel chacun.e s’enveloppe au moment de pénétrer dans les transports en commun. On connaît la chanson pourtant… C’est qui déjà ? Un peu plus loin, une seconde personne commence à chanter à son tour, puis une troisième. C’est un chœur maintenant. Les yeux fixés dans le vide, comme perdu.es à l’intérieur d’eux.elles-mêmes, ils chantent ensemble, mais semblent étrangement seul.es au milieu des passant.es et des usagers du tramway. Il se dégage d’eux.elles une mélancolie que l’on garde habituellement pour la solitude protectrice de la chambre. Cette intimité est ici exposée, nue et sans artifice, dans l’espace urbain, elle fait irruption, dérange le.la passant.e, déplace son regard et viendra le toucher peut-être. Autour, les regards s’échangent, bientôt amusés, complices. La douceur de l’air si familier, ces paroles que l’on connaît sans les avoir apprises, la simplicité de la scène : la connivence s’installe. Puis, une note reste en suspend, le tram arrive, le quotidien reprend son cours. Mais, ce moment fugace de partage a ouvert, ne serait-ce qu’un instant, une parenthèse impromptue, vivante et sensible dans la mécanique de nos vies ordinaires.

Les monologues du commun se déroulent à l’intérieur d’un bus, d’un tram ou d’un train, en route lorsque les voyageurs.ses sont installés dans leur trajet habituel, plongé.es dans leur bulle, et que ce moment est troublé par un individu qui, décrochant son téléphone, fait profiter l’ensemble des voyageurs.ses de sa conversation. Puis par une seconde personne qui à son tour envahit l’espace sonore et confiné. On est d’abord agacé bien sûr, un peu curieux aussi, divertit peut-être et puis un doute s’insinue… Ces monologues se croisent, des évocations se recoupent, des idées semblent se répondre… et si ces gens étaient liés, et s’il s’agissait d’une même histoire ? À travers ces bribes de conversations, sont mis en lumière des fragments de vie, celle de gens simples, héros.ïnes du quotidien en proie aux carcans et aux normes qui s’imposent à chacun.e. Peu à peu, leur présence sonore, vivante, nous éveille, nous amuse et nous entraîne dans des récits à la fois intimes et universels, décalés, sensibles ou révoltés et bien souvent traversés par des problématiques sociales, professionnelles ou sociétales. D’instants instantanés en « vignettes », de moments singuliers en situations cocasses, Les monologues du commun dressent ainsi par touche le portrait d’une humanité en mouvement.

Comme on nous parle, le troisième mouvement de cette Suite est une déclinaison, une démultiplication de Foule Sentimentale. Ce ne sont plus deux ou trois personnes qui fredonnent sur le quai, mais un chœur d’anonymes, participant.es amateurs.trices qui viennent jouer le jeu du happening. Soudain peuplé de voix et de souffles à l’unisson, l’espace public, réapparaît alors, le temps d’une chanson, comme un endroit où des liens se recréent, où s’installe de près de loin une forme de complicité, où l’on peut se réunir, faire corps, jouer collectif.

 

RECHERCHE DE PRODUCTION EN COURS
Production - De chair et d'os
Coproduction - Été Métropolitain, Bordeaux Métropole et Les tombées de la nuit (Rennes), le Grand T, théâtre de Loire-Atlantique (Nantes)

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Jeudi 18 juillet 2018 - résidence#1
Suite pour transports en commun - Mouvement 1 - Foule sentimentale – Le récit

« Les chansons disent la vérité, plus elles sont bêtes, plus elles sont vraies ». François Truffaut

La performance débute sans que l’on s’en aperçoive ou presque. Quelqu’un à l’arrêt de tram, casque sur les oreilles, fredonne. Un peu fort. Ce chant vient heurter l’espace de protection virtuel dans lequel chacun s’enveloppe au moment de pénétrer dans les transports en commun. On connaît la chanson pourtant… C’est qui déjà ? Un peu plus loin, une seconde personne commence à chanter à son tour, puis une troisième. C’est un chœur maintenant. Les yeux fixés dans le vide, comme perdus à l’intérieur d’eux-mêmes, ils chantent ensemble, mais semblent étrangement seuls au milieu des passants et des usagers du tramway. Il se dégage d’eux une mélancolie que l’on garde habituellement pour la solitude protectrice de la chambre. Cette intimité est ici exposée, nue et sans artifice, dans l’espace urbain, elle fait irruption, dérange le passant, déplace son regard et viendra le toucher peut-être. Autour, les regards s’échangent, bientôt amusés, complices. La douceur de l’air si familier, ces paroles que l’on connaît sans les avoir apprises, la simplicité de la scène : la connivence s’installe. 
Puis, une note reste en suspend, le tram arrive, le quotidien reprend son cours. Mais, ce fugace moment de partage a ouvert, ne serait-ce qu’un instant, une parenthèse impromptue, vivante et sensible dans la mécanique de nos vies ordinaires.


 

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