Foule sentimentale, 2019

 

Un projet de Caroline Melon
Comédien.ne.s : Christophe Andral, Sébastien Genebes, Cécile Maurice / Intervenant vocal : Emmanuel Vranckx / Mise en condition : Célie Augé / Programmeur : Yorick Barbanneau

> 18 juillet 2018 - 10h à 17h - Dans le tram (Bordeaux)
> Du 12 au 16 novembre 2018 - HOT HOUSE organisée par IN SITU, Île de Terschelling
Participation à l'invitation des Tombées de la nuit pour présenter le projet Foule Sentimentale
> Été 2019 - Création

À l'heure où nos villes se transforment en lieux de passage plus qu'en lieux de vie, où la mobilité (choisie ou non) peut nous conduire à une sensation de déracinement, de "déshabitation" de notre territoire de vie, la performance Foule Sentimentale cherche à insuffler de légers décalages au sein de ces transports en commun. Pour gratter la surface des humains pressés que nous sommes, re-créer des situations d'échanges éphémères, de magie du quotidien, d'infra-ordinaire légèrement dérangé : le grain de sable qui fait sourire, qui amène de la connivence, de l'humour, du partage, et la reconnexion avec la Foule sentimentale que chantait Souchon et dont nous faisons tous partie, au bout du compte.

 

RECHERCHE DE PRODUCTION EN COURS
Production - De chair et d'os
Coproduction - Été Métropolitain, Bordeaux Métropole et Les tombées de la nuit (Rennes), le Grand T, théâtre de Loire-Atlantique (Nantes)

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Jeudi 18 juillet 2018 - résidence#1
Foule sentimentale – Le récit

« Les chansons disent la vérité, plus elles sont bêtes, plus elles sont vraies ». François Truffaut

La performance débute sans que l’on s’en aperçoive ou presque. Quelqu’un à l’arrêt de tram, casque sur les oreilles, fredonne. Un peu fort. Ce chant vient heurter l’espace de protection virtuel dans lequel chacun s’enveloppe au moment de pénétrer dans les transports en commun. On connaît la chanson pourtant… C’est qui déjà ? Un peu plus loin, une seconde personne commence à chanter à son tour, puis une troisième. C’est un chœur maintenant. Les yeux fixés dans le vide, comme perdus à l’intérieur d’eux-mêmes, ils chantent ensemble, mais semblent étrangement seuls au milieu des passants et des usagers du tramway. Il se dégage d’eux une mélancolie que l’on garde habituellement pour la solitude protectrice de la chambre. Cette intimité est ici exposée, nue et sans artifice, dans l’espace urbain, elle fait irruption, dérange le passant, déplace son regard et viendra le toucher peut-être. Autour, les regards s’échangent, bientôt amusés, complices. La douceur de l’air si familier, ces paroles que l’on connaît sans les avoir apprises, la simplicité de la scène : la connivence s’installe. 
Puis, une note reste en suspend, le tram arrive, le quotidien reprend son cours. Mais, ce fugace moment de partage a ouvert, ne serait-ce qu’un instant, une parenthèse impromptue, vivante et sensible dans la mécanique de nos vies ordinaires.


 

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